Constructeur de stérilisateurs par UV

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Efficacité des UVc sur les chloramines.

Revue et commentaires des publications scientifiques.

Depuis quelques mois, bon nombre d'informations pseudo-scientifiques sont présentées au grand public. Le but de cette page est de fournir l'accès aux informations scientifiques brutes (sans modification du contenu) et d'apporter un commentaire, le plus neutre possible à ces informations. Le contenu de cette page peut paraître très technique mais reste essentiel à tous ceux qui souhaitent connaitre le fonctionnement des déchloraminateurs UV basse ou moyen pression.

Il semble que nous ne sommes pas les seuls à être inondés de désinformations, les américains sont également confrontés aux mêmes problèmes

Nous restons ouverts à toutes questions relatives à ce sujet.  Nous pouvons fournir sur simple demande les articles scientifiques originaux.

I) Rappel de photochimie

Les chloramines sont issues de la mauvaise dégradation, par le chlore, de la matière organique apportée par les baigneurs. Ces chloramines se forment de manière systématique dans les bassins accueillant des baigneurs.  

L’effet de "déchloramination" par un rayonnement UV n’est théoriquement possible que par 2 actions.

1) Soit le rayonnement induit une destruction directe des chloramines, c’est la photolyse.

2) Soit les UVc agissent en amont de la formation des chloramines.

Les études scientifiques  montrent que les chloramines sont en fait détruites par photolyse (1-2).

 La vitesse de photolyse (destruction des chloramines) dépend de 4 paramètres 

1.      la longueur d’onde du rayonnement

2.      l’absorption du rayonnement par le composé

3.      le rendement quantique de photolyse (le pourcentage de photon ou élément de lumière)  absorbé qui sert à casser cette molécule)

4.      le flux photonique (la quantité d’énergie à ce rayonnement : la Dose UV).

 En résumé, pour détruire efficacement une molécule, il est nécessaire mais pas suffisant que cette molécule absorbe le rayonnement UVc. Il faut ensuite que le rendement quantique de photolyse à cette longueur d’onde soit le plus élevé possible et enfin que le flux photonique soit suffisamment important.

 

II) Etude des 4 paramètres de photolyse.

Issu de "UV photodegradation of inorganic Chloramines” (Li and Blatchley, 2009) et “la déchloramination des eaux de piscines par irradiation UV. Etude bibliographique”  (De Laat et Berne, 2009).  

  1. La longueur d'onde d'émission des lampes UV

Comme on le voit dans les 2 spectres d’émissions des lampes basse et moyenne pression les longueurs d’onde dépendent fortement du type de lampe. La lampe Basse pression émet principalement une seule longueur d’onde à 253.7 nm (on dit, par abus de langage 254 nm). La lampe Moyenne pression émet dans une multitude de longueurs d’onde UV entre 200 et 400 nm. Il est essentiel de noter que les déchloraminateurs moyenne pression commercialisés sont équipés de gaine quartz qui coupent les longueurs d’onde inférieures à 230 ou 240 nm.

 

Les longueurs d’onde UV les plus intenses dans les lampes moyenne pression sont : 248.3 ; 253-260 ; 265.3 ; 269.9 ; 280.3 ; 296.7 ; 302.3 ; 313  et 365 nm

 

  1. L’absorption du rayonnement par le composé

L’absorption des différentes chloramines en fonction des longueurs d’onde est représentée dans les graphiques ci dessous.

 

Si l’on se base sur ces travaux  on note que les longueurs d’onde optimales d’absorption des chloramines sont :

Monochloramine  (NH2Cl): l  = 244 nm

Dichloramine (NHCl2) : l  = proche de 200 nm et une autre bande moins intense entre 290 et 300 nm

Trichloramine (NCl3) : l  = une bande très intense à 220 nm et 2 faibles vers 260 nm  et 337 nm

En travaillant donc avec des lampes basse pression monochromatique à 254 nm,  il y a une forte absorption des monochloramines. Pour la di et la trichloramine, on est plus éloigné des maximums d’absorption. L’action des lampes basse pression est donc plus importante sur la monochloramine que sur la di et la trichloramine.

 

3. et 4.    Indirectement, le rendement quantique de photolyse ainsi que l’influence du flux photonique (la Dose UV) sont observables dans les graphiques suivants (Li et Blatchely 2008).

 

 

Commentaire :

On voit qu’une dose inférieure à 100 mJ/cm2 à 222 nm induit une réduction d’environ 10% de la concentration en monochloramine, 60 % de celle en dichloramine et environ 70 % de celle en trichloramine. On peut en déduire la très forte efficacité de destruction de l’ensemble des chloramines même à des doses très faibles.

Ces travaux ont également mis en évidence les résultats  suivants pour une dose UVc à 254 nm de 100 mJ/cm2 :

 

Monochloramine NH2Cl

Dichloramine

NHCl2

Trichloramine

NCl3

Rapport C/C (concentration après des tests/concentration initial)

0.7

0.9

0.91

Rendement de destruction

30 %

10%

9%

Coef Absorption à 254 nm

M1.cm-1

388

142

367

On en déduit que l’on a une destruction de 30% des monochloramines et de 10% des di et trichloramines. Et ce avec une dose de 100 mJ/cm2

 

En conclusion de cette étude on peut simplement dire, que pour les 3 longueurs d’onde étudiées, on observe une destruction des chloramines (sauf dans le cas de la monochloramine à 282 nm). Cette réduction est fortement dépendante de la longueur d’onde et de la puissance mises en œuvre. Il est important de bien prendre en compte que dans le cas d’un déchloraminateur en piscine, la dose uv délivrée est « seulement » de l’ordre de 60 mJ/cm2, avec un passage sur le réacteur plusieurs fois par jour.

 

III) Etude de l’évolution du trichlorure d’azote (chloramine) et des trihalométhanes(chloroforme) dans l’eau et l’air des piscines chlorées, Exploration des voies de réduction de cette contamination

(Thèse soutenue a l'université de Rennes 1 en 2007 par Hélène Hamel)

            Extrait :

Commentaires :

De part les contraintes liées au réacteur Uv de laboratoire, les essais ont été réalisés avec des puissances environ 10 fois supérieures à celles utilisées dans les déchloraminateurs (basse ou moyenne pression)  mis en œuvre en piscine publique. On observe donc, une réduction de 35 % (lampe BP) et 45 % (lampe MP) du chlore combiné pour une dose de 725 mJ/cm2.  Lors de cette étude Mme Hamel a utilisé une lampe moyenne pression sans coupure de spectre entre 200 et 300nm. Or, comme nous l’avons vu précédemment les di et trichloramines absorbent fortement dans la plage de longueur d’onde entre 200 et 240 nm. L’écart de 10% en faveur de la MP sur la réduction du chlore combiné est certainement attribuable à cette partie du spectre UVC. Il n’est pas sérieusement possible d’affirmer que les déchloraminateurs MP sont plus efficaces que les déchlorminateurs BP  à la vue de cette étude, étant donné que les déchloraminateurs MP commercialisés n’utilisent que le spectre UV entre 230 et 400 nm.

IV) Examen et évaluation des technologies alternatives de désinfection de l'eau pour les piscines municipales aux Pays-Bas

issu de :Review and assessment of alternative water disinfection technologies for municipal swimming pools in the Netherlands (Frank Oesterholt 2009)

Analyse  multi-critéres basée sur

§         Des tests microbiologiques

§         effet secondaire, formation de sous produits

§         coût (investissement et exploitation)

§         facilité d’utilisation et de maintenance

§         sécurité

§         impact environnemental

§         renouvellement en eau et air pour éviter les plaintes

§         facilité de vérification de la méthode

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes actuellement en contact avec Dr Oesterholt pour comprendre d’où viennent les 15 points d’écart entre la moyenne et basse pression, ainsi que pour connaître leur source d’information pour le tableau 2. l’information étant en contradiction avec les publications de Li and Blatchley, 2008 ainsi que celle de De Laat et Berne, 2009.

 

IV) Remarque sur la photolyse du chlore libre par les UV

 Issue de “la déchloramination des eaux de piscines par irradiation UV. Etude bibliographique   (De Laat et Berne, 2009).

 De manière identique à la photolyse des chloramines, les UV ont une action sur le chlore libre présent dans les bassins. C'est pour cette raison que la mise en place d'un déchloraminateur augmente sensiblement la consommation en chlore de votre bassin (entre 10 et 20%)

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

  

  

 

La photolyse du chlore est aussi liée au taux de carbone organique total.

Il reste à vérifier  que le spectre polychromatique des lampes MP ne photolyse pas plus rapidement le chlore libre que les lampes BP. Il faut toutefois remarquer que l’absorbance des 2 espèces chimiques (HOCl et ClO-) sont du même ordre de grandeur que celles de la mono et dichloramine.

Guerric VRILLET

Dr en Physique Appliquée

Ingénieur Développement

 

 

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